Non à la destruction des tours des Agnettes

Le 20 septembre 2016, le conseil d’administration de l’OPH a adopté un vœu pour la réussite du projet ANRU de requalification urbaine, sociale et environnementale sur le quartier des Agnettes et la réhabilitation perenne et rapide des 5 tours des Agnettes et de l’immeuble sis rue Marcel-Lamour.

La ville de Gennevilliers, l’OPH de Gennevilliers et ses habitants sont engagés depuis 2011 dans un projet de concertation de grande ampleur visant à la rénovation urbaine du quartier des Agnettes. Son objectif premier vise à améliorer le cadre de vie et les conditions d’habiter des locataires. Ensemble, il a été décidé la réhabilitation du logement social existant, la construction de 600 logements en accession à la propriété de nature à diversifier l’habitat et le développement du caractère paysager du quartier.

Les grandes étapes de la concertation témoignent du très important travail collectif engagé entre les élus, de nombreux services de la ville et de l’OPH, les associations présentes sur le quartier et les habitants. Elle a débuté en 2011 par la concertation sur le schéma directeur de requalification urbaine, sociale et environnementale du quartier.

À cette fin, une journée a été organisée en avril 2011 pour lancer la concertation permettant de recueillir la parole de 300 habitants et une structure mobile de concertation a été mise à disposition des habitants. Cinq ateliers habitants se sont tenus pendant cette phase diagnostic (d’avril à juin 2011) et deux ateliers pendant la phase d’élaboration des scenarii (octobre 2011).

Trois réunions publiques et une exposition itinérante ont été organisées de mars à décembre 2011. Elles ont permis de définir le projet de requalification du quartier, d’en faire la restitution au public et de présenter la deuxième phase d’élaboration du projet.

À l’issue de cette phase, le conseil municipal de juin 2012 a adopté le schéma de requalification urbaine, sociale et environnementale du quartier et autorisé le maire à déposer un dossier de candidature à l’Anru dans le cadre du nouveau dispositif NPNRU.

Pour préciser le volet paysager du projet de requalification, une nouvelle phase de concertation sur le schéma d’organisation et d’usages des espaces extérieurs a été lancée en 2014.

La concertation a pris la forme de bureaux d’écoute mobile et de l’organisation d’un événement ouvert à tous à la fin de l’année 2014. Les ateliers Form’action se sont tenus en janvier-février 2015. Ils ont donné lieu à un travail collectif entre habitants, experts et concepteurs. Puis, trois ateliers ont été conduits en mars 2015 avec un groupe d’élèves des écoles Joliot-Curie et Henri-Wallon, afin qu’ils formulent des pistes d’aménagement pour des aires de jeux mieux adaptées.

Dans le même temps, l’OPH a organisé des ateliers et réunions pour définir le projet détaillé de revalorisation des tours des Agnettes.

Sur la base des orientations du schéma de principe des usages sur les espaces extérieurs, les réactions des riverains ont été recueillies de mars à avril 2015.

Entre 2014 et 2016, l’OPH a organisé cinq réunions publiques et la ville quatre : présentation de l’évolution des grands principes d’aménagement, réunion sur l’aménagement de la partie Sud de Victor-Hugo et deux « Café info », réunion du 20 mai 2014 au siège de l’OPH au cours de laquelle  le cabinet Pouget Consultant a présenté les résultats de l’audit thermique sur les tours et le bâtiment Marcel-Lamour ainsi que plusieurs scénarii de travaux générant des économies d’énergies et donc de charges pour les locataires ; réunions publiques organisées par l’OPH en dates du 2 juillet 2014, du 30 septembre 2014, du 11 juin 2015 et du 10 septembre 2015, lesquelles ont permis de rendre compte aux locataires et habitants de l’avancée des études de faisabilité en cours.

Or, suite au comité d'engagement de l'Anru du 20 juin 2016, où a notamment été présenté le projet NPNRU du quartier des Agnettes, l’État a informé la Ville et l’OPH de Gennevilliers du souhait de l’Anru et de ses partenaires comme Action Logement à la recherche de droits à construire, de modifier notre projet de requalification du quartier. Ils demandaient dans un premier temps de démolir les cinq tours situées rue des Agnettes représentant 551 logements, d’élargir les emprises des percées de l’immeuble Victor-Hugo conduisant à la démolition de 135 logements au lieu des 90 logements dans le projet présenté, et enfin de démolir l'extrémité ouest du bâtiment rue Victor- Hugo comprenant 56 logements.

Devant le désaccord des élus et celui des locataires et de leurs représentants, l’État, l’Anru et ses partenaires ont revu leurs préconisations en demandant la démolition d’au moins deux tours, soit 206 logements et l’élargissement des emprises des percées de l’immeuble Victor-Hugo, soit 191 logements. À l’heure où ce vœu est rédigé, la Ville de Gennevilliers et l’OPH restent dans l’attente de l’avis du comité d’engagement assorti de ses préconisations.

Les habitants du quartier réunis en très grand nombre le mercredi 7 septembre ont pour leur part confirmé par leur vote le désaccord exprimé par le maire concernant les projets de démolition.

Ils constituent un gâchis financier et surtout ne respectent pas la dignité des locataires et des habitants. Ces tours ont surtout besoin d’être réhabilitées au plus vite. Pourquoi détruire des bâtiments qui sont viables ? Surtout que l’Anru annonce des crédits moins importants sur ce projet de rénovation urbaine que sur ceux du Luth et des Grésillons, alors même que les réhabilitations nécessitent un financement important pour permettre d’atteindre un niveau permettant des économies de charges significatives pour les locataires.

Ces logements répondent aux besoins sociaux avec des loyers peu élevés. Ce sera un atout pour les habitants pour aller au travail, ou en chercher un, en habitant à proximité de la gare du Grand Paris.

De même, contrairement à ce qui est affirmé, ce ne sont pas les tours qui paupérisent le quartier mais le chômage, les petites retraites et les bas salaires. Les améliorations apportées au quartier doivent profiter aux gens qui y habitent.

La diversification sociale de ce quartier composé presque exclusivement de logements sociaux sera assurée par la construction, décidée avec les habitants, de 600 logements en accession de type diversifiée.

Détruire ces tours rallongera les délais d’attente des demandeurs de logements sociaux à Gennevilliers, puisqu’il faudra reloger les locataires des immeubles concernés en priorité.

Les habitants, les locataires de l’OPH, son conseil d’administration et la municipalité de Gennevilliers ont donc décidé d’engager des actions fortes en direction de l’État et de l’Anru pour que le projet, travaillé en commun depuis 2011, soit celui qui sera mis en œuvre avec l’aide de l’Anru.

Le Conseil d’administration de l’OPH de Gennevilliers exige que l’État et l’Anru respectent les projets élaborés avec les locataires et les habitants en :
- reconsidérant leurs positions actuelles concernant la démolition des tours de la rue des Agnettes et des percées supplémentaires à Victor-Hugo.
- nous accordant l’autorisation anticipée et les financements nécessaires pour engager le plus tôt possible la rénovation pérenne des tours et du bâtiment Marcel-Lamour.

Pour faire entendre leurs exigences, une pétition rédigée sous l’égide de la municipalité est en cours de signature et une grande mobilisation a eu lieu devant le siège de l’Anru le jeudi 6 octobre 2016.