Le mot du Président

Tous devant l’OPH de Gennevilliers, jeudi 9 juillet 2015, à 18 heures

L’examen de la loi dite « de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles » se poursuit au parlement. Modernisation contestable, faite de recentralisation autoritaire et de recul de la démocratie. Pour ma part, je défends une tout autre conception de la modernité. Une modernité allant dans le sens de la démocratisation et donc d’une augmentation du pouvoir des citoyens et du rapprochement entre citoyens, lieux de décisions et élus ; une modernité allant dans le sens de plus de liberté de choix par un développement des territoires qui ne soit pas uniforme et décidé en dehors d’eux.

C’est dans cet esprit que les Offices publics de l’Habitat communaux doivent le rester.
Il faut d’ailleurs rappeler que les élus de la mission de préfiguration regroupant tous les maires du territoire de la métropole ont voté à 94 % une résolution se prononçant contre le caractère obligatoire d’un tel transfert à la métropole. Un amendement avait été voté au Sénat à l’unanimité avec la sagesse du gouvernement indiquant que les OPH ayant plus de 5 000 logements, ce qui est le cas à Gennevilliers, resteraient de compétence communale.

Mais, un fait grave pour Gennevilliers s’est passé dans la nuit du 2 au 3 juillet à l’Assemblée nationale. Les députés ont voté, contre l’avis des maires, un amendement qui retire le rattachement de l’OPH de Gennevilliers à la Ville. Ainsi, ce qui se fait avec l’OPH de Gennevilliers ne sera plus décidé par les Gennevillois, mais par le territoire de la métropole ! Au regard des rapports de force politiques dans la Boucle Nord des Hauts-de Seine ou dans la métropole, celui ou celle qui dirigera l’OPH de Gennevilliers sera issu de la droite départementale. Ce que les électeurs ont souhaité garder, les députés leur retirent !

Ce n’est pas un problème politicien, c’est une question grave pour l’avenir de Gennevilliers.
Nous faisons le choix d’avoir un gardien pour 110 ou 120 logements, qu’en sera-t-il demain ? Pourtant, cela est important pour la qualité de l’entretien des immeubles, du lien social dans les quartiers.
Quelle transparence d’attribution quand cela se fera à l’échelle de 25 000 ou 30 000 demandeurs de logements ? Quelle priorité gennevilloise ? Nous avons l’expérience de l’OPH des Hauts-de-Seine qui gère la cité jardin. C’est ça le modèle ? Combien de Gennevillois relogés à l’OPDHLM ? À Gennevilliers, l’opposition siège au CA et dans la commission d’attribution, pas dans le grand OPH du département !

Quelle capacité d’intervention des locataires, des demandeurs de logements quand le siège mutualisé des OPH du territoire sera dans une autre ville ?
Les logements de Gennevilliers serviront à reloger les demandeurs de logements des villes qui ne construisent pas de logement social. C’est inacceptable ! C’est une attaque sans précédent contre l’intérêt des locataires, mais aussi de tous les habitants.
Comment seront gérés les 8 000 logements de l’OPH sur la ville ?
Je vous invite à un rassemblement de protestation le jeudi 9 juillet à 18 heures, devant  l’OPH de Gennevilliers, 33, rue des Chevrins. Et nous devons ensemble rester mobilisés, avec les élus et vos représentants de locataires pour mener toutes les actions nécessaires afin que ce qui se fait à Gennevilliers soit décidé par et pour les Gennevillois.
 

Marc Ourson

Président de l'OPH de gennevilliers