Le droit au logement pour tous, maintenant !

 

Pour les Franciliens, accéder à un logement adapté à ses besoins et à ses ressources reste une préoccupation majeure.

Avec la crise du logement, l’Ile-de-France compte plus de 600 000 demandeurs de logement. Il faudrait construire chaque année 70 000 logements sociaux de tous types pour répondre à la demande et réduire la pénurie existante. Plus que jamais, partout, l’heure est à la construction. En plus de permettre à tous de se loger, la construction de logements permettrait la relance économique.

Pourtant le conseil régional d’Île-de-France a adopté une délibération visant à ne plus financer les logements sociaux dans les communes qui en comptent plus de 30%.

De fait, cette mesure sanctionne les villes qui construisent du logement répondant le plus largement à la demande. À l’inverse, elle n’oblige pas les villes « hors la loi SRU » à construire du logement social.

Pourtant le gouvernement s’apprête à faire voter le projet de loi Egalité - Citoyenneté dont le volet logement comporte plusieurs dispositions visant, elles aussi, à restreindre la construction de logements sociaux. Déjà l’an dernier, l’Etat a accordé près de 17 milliards d’euros à des bailleurs privés sous forme de crédits d’impôts et de niches fiscales. Ces fonds devraient servir à soutenir les acteurs publics du logement plutôt que d’enrichir les investisseurs et les spéculateurs immobiliers.

Aujourd’hui, le droit au logement pour tous est en danger !

Ce n’est pas acceptable ! Se loger est un droit fondamental ! La France a ratifié le Pacte des Nations Unies sur les Droits économiques, sociaux et culturels qui, dans son article 11, reconnaît le droit de tous à un logement. L’État doit respecter ses engagements ! Nos droits doivent être respectés !

De nombreuses communes s’attachent à construire des logements de toutes catégories et pour tous. Dans ces villes, le logement social est aujourd’hui le garant principal du droit à se loger. Mais cela ne suffit pas. Toutes les communes doivent contribuer à l’effort de construction dans le respect de la loi SRU qui impose 25% de logements sociaux dans toutes les villes.

Tous les acteurs publics, à tous les niveaux, doivent prendre leurs responsabilités.

C’est pourquoi, nous, élus communaux, départementaux, régionaux ; représentants d’associations d’habitants pour le droit au logement, d’organisations de solidarité, d’associations de locataires ; représentants d’organismes du logement social, simple citoyen…

· Nous demandons à la région Ile-de-France, de suspendre la délibération du 17 mars 2016 visant à limiter la construction de logements sociaux dans les communes qui en comptent plus de 30% ;

· Nous demandons à l’État de décréter l’augmentation de l’aide à la pierre pour favoriser la construction de logements de qualité avec des loyers réellement modérés, accessibles au plus grand nombre ;

· La revalorisation des aides au logement et la hausse des plafonds d’accès au logement social ;

· Des crédits pour la réhabilitation des logements les plus anciens qui accueillent aujourd’hui les ménages les plus fragiles ;

· L’abrogation de la loi Boutin qui vise à chasser du logement social les ménages « les moins pauvres » ;

· Le renforcement des mesures coercitives à l’encontre des communes qui ne respectent pas la loi SRU qui impose 25% de logements sociaux dans toutes les villes ;

· L’encadrement des loyers dans toute l’Île-de-France.